Halle aux Grains

La construction de ce bâtiment fut décidée par le conseil municipal de Catus en 1860. Mais il fallut attendre une vingtaine d’années pour que sa réalisation soit effective. Dès lors, chaque jour de foire, après les moissons, les charrettes des agriculteurs apportaient le grain, nouvellement récolté, pour le vendre aux meuniers, minotiers et éleveurs. Ce grain n’était pas pesé mais vendu au volume. L’hectolitre était la mesure la plus utilisée. Il y avait donc, sous la halle une estrade à laquelle les vendeurs accédaient par un petit escalier et vidaient une partie de leur récolte dans divers récipients en fonte qui contenaient, chacun, entre un litre et un hectolitre. Les acheteurs n’avaient plus qu’à ensacher le grain, ainsi mesuré, en relevant des trappes amovibles qui se trouvaient à la base de chaque mesure.

A partir du mois de novembre, la halle se remplissait de sacs de noix qui étaient achetés par des négociants spécialisés qui, à leur tour, revendaient ces noix, souvent blanchies au soufre, sur les marchés français et, surtout allemand.

Pour les fêtes votives de l’époque, qui avaient lieu début septembre et fin octobre, notre halle était superbement décorée, par les jeunes gens et jeunes filles, avec des guirlandes de buis et de petits drapeaux en papier de couleurs chatoyantes. L’orchestre rituel, dit « Les Gourdonnais », avec ses « cuivres » reluisants et retentissants faisait valser jusque tard dans la nuit, les jeunes du canton.

Plus tard, avec l’arrivée de l’automobile, les foires tendaient à disparaître, car les récoltes des agriculteurs étaient vendues directement à partir de leurs fermes. La halle ne se trouvait donc plus occupée en dehors des jours de fêtes. C’est, à ce moment-là, que le boulanger du coin, qui avait joint à sa boulangerie un commerce de grains et engrais, louait ce bâtiment, à l’année, pour y entreposer son stock de produits agricoles, mais il devait le dégager pour les fêtes. Cela dura jusqu’en 1964 lorsque fut décidée la transformation de la halle en hôtel des postes. Quelques années plus tard, la poste étant déplacée, à nouveau, sur la place des Fraysses, la municipalité devait bien lui trouver une nouvelle destination. Après mure réflexion et la consultation des habitants, une étude diligentée par un cabinet spécialisé décidait nos édiles municipaux à remettre, en un premier temps, ce bâtiment dans son état d’origine.